Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

 

Cinq heure de l’après midi

17 heures, l’heure de la corrida. Elle est la même depuis des siècles. Est-ce pour avoir remplacé la mort de l’homme par celle de l’animal ? Car autrefois, c’était à cette heure qu’avait lieu les exécutions de quelques hères  condamnés à brûler sur le bûcher ou être dévorés par les fauves ou plus cruels encore, ces combats de gladiateurs « jusqu’à la muerté ».

La corrida d’aujourd’hui ravive nos peurs ancestrales. Mais, pour qui ? l’homme ? ou  la bête. ? Il s’agit bien d’un combat pour la vie et la mort.

A l’extérieur le bruit des arènes emplit la ville, faisant contraste avec le silence recueilli des toreros. Cintrés dans leurs habits de lumière, ils prient seuls, méditent, concentrés près d’une statue de la Sainte-vierge. Moment intime et émouvant, pesant aussi pour celui qui va combattre. Après leurs prières et leurs signes de croix ils rejoignent le « paséo ».

 

Le défilé entre dans l’arène noyée de soleil au son des trompettes et d’un paso doble entraînant. L’allégresse, l’exultation et l’inquiétude créent un paroxysme d’émotions dans l’assistance.  Le cortège évolue dans l’arène en une chorégraphie minutieusement orchestrée.  Tous les acteurs, revêtus de leur costume corporatif allant du noir du juge , à celui d’or et de lumière des toréadors et des matadors..

Les deux juges ouvrent le défilé, ils vont s’échanger les clefs du toril, puis viennent les picadors, les banderilleros,  les chevaux protégés par des matelas recouverts de tissus richement brodés, montés par leurs cavaliers munis d’une lance de bois, viennent enfin,  les toréadors vêtus de leurs costumes aux couleurs vives, scintillants de paillettes. Je ne peux m’empêcher de comparer ce défilé à la parade d’un cirque. La foule se lève, crie,  applaudit, des "olé" emplissent les marches, des sifflets percent les oreilles. La cacophonie est couverte par cette musique ibérique enjôleuse..

 

L’origine du peuple assis sur les marches, se devine à son accoutrement, les plus pauvres, légèrement vêtu, les touristes, en tenue décontractée, les « affictionnados » endimanchés,  accompagnés souvent de leurs femmes ouvrant à la manière espagnole leur éventail d’un coup sec, leurs épaules recouvertes d’une étole de dentelle noire.

 

Sous l’ardent soleil,  le satin des muletas brille. Elles captent l’attention par leur couleur rouge vif doublée de jaune d’or. Spectacle fascinant et déjà mon cœur chavire, bat plus vite.

Le premier novillo entre, moulé dans son costume turquoise et or sous les applaudissements fournis de la foule. Le toril s’ouvre. Un énorme miura, près de 500 kilos,  issu d’une granadéria andalouse, renommée pour la sélection de ses taureaux combatifs,  grâce à des croisements entre les plus sauvages et féroces. Il fonce, cornes baissées, en arme vers la muléta qu’agite le toréro.

Fera-t-il le poids de ses 70 kilos.  A chaque « faena », un olé monte d’une seule exhortation des arènes. Jeune, le toréro veut impressionner le public, il frôle la bête de son corps. A un moment même,  il met un genou à terre devant lui. La foule en délire hurle. Les picadors, et les banderilleros,  font leur travail d’afflaiblissement de la bête. Le sang coule sur le beau poil noir. Cependant la bête est toujours aussi agressive.

Brusquement, elle fonce vers un cheval caparaçonné faisant le manège autour de l’arène. Il lui plante les cornes dans le flanc. Le cheval hennit de douleur et tombe. Le cavalier malgré les coups de bâton n’arrive pas à éloigner la bête. Le novillo vient capter son attention. Il y réussit. Le cavalier caresse son cheval sachant qu’il va perdre sa fidèle monture. Les spectateurs hurlent.

Pas content le taureau ! Il se retourne et déchire le pantalon du toréro.  En quelques secondes l’homme est à terre. Le taureau, avec ses cornes, roule l’homme dans le sable qui rougit de plus en plus de son sang.

L’ensemble de l’équipe de la corrida entre dans l’arène, encercle l’animal et l’éloigne de sa victime. Il est reconduit au toril alors que le jeune homme est amené en urgence.

Les juges cessent le spectacle. Le taureau est gracié comme le veut la coutume.. Il sera soigné des légères piqures reçues et reconduit en Espagne où il deviendra le géniteur d’un plus mauvais que lui.

Demain le novillo sera enterré.

Je n’irai plus voir toréer.La peur au creux de mon cœur ne s’envolera jamais. La mort, pas celle que l’on attendait était au rendez-vous à la « cinco de la tarde ».

 

Rosalie Perrin, le 25/10/2010

 

 

Aventure
- Partir ou ne pas partir ? Faire le tour du monde ? Et pourquoi pas ! Puisque tu songes en rêve découvrir des terres inconnues, des peuples et langages nouveaux, va mon fils, lance-toi, trouves ton Eldorado !  Ainsi parlait le patriarche à son jeune fils Jean le rêveur, que tous appelaient Jean de la lune.
Jean de nature timoré hésitait. Un jour, las des moqueries, il fit sa besace et partit avec la bénédiction de son père.
Tout seul, il marchait vite comme s’il avait peur de revenir sur sa décision, la nuit à la belle étoile, évitant les villages, il rêvait.
Parfois il rencontrait des gens, mais trop timide, il baissait la tête et continuait son chemin. Puis, prenant peu à peu de l’assurance, il regardait autour de lui, s’étonnait de voir les arbres si verts, le ciel si bleu, et ces petits nuages cotonneux qui prenaient parfois de drôles de formes, ces fleurs si délicates aux parfums si étranges. Enfin lorsque les personnes s’arrêtaient pour discuter et lui demander d’où il venait, où il allait, il répondait.
- Oh ! disait-il, je vais parcourir le monde, chercher le bonheur, la perfection, la connaissance.
- Mais tu es bien jeune pour accomplir un tel périple, seul en plus ! Tu n’as pas de compagnon ?
- Non, mais je le trouverai bien en route !
Puis de fil en aiguille, rendant moult services, il eut gîte, couvert et plus encore… le respect et l’admiration de tous. Il devenait un beau gaillard, bien bâti, souriant : il n’avait plus peur !
Continuant son chemin, ayant visité hameaux, villages et villes, il arriva à la mer. Devant cette étendue bleue, il resta ébahi ! Comment la traverser ? Ce mystère, l’immensité, il en avait la gorge sèche. Sautant de rochers en rochers, goûtant moules et arapèdes pour se nourrir, parcourant des plages de sable fin, il arriva à un port de pêcheur.
A ses narines montait une odeur qui lui retourna l’estomac. Des filets étendus sur des tréteaux séchaient. Plus loin un homme préparait son attirail et s’apprêtait à partir.
Indécis, Jean s’avança, pas rassuré du tout.
- Monsieur, vous allez sur cette chose là ? Demanda-t-il en montrant le frêle esquif attaché à une bite, je voudrais traverser cet élément !
- Bien sûr ! lui  répondit le pêcheur, je vais mouiller mes lignes.
- Puis-je vous accompagner, s’il vous plait ?
- Bien volontiers, répondit le pêcheur, mais il ne faudra pas bouger!
Ils embarquèrent à bord de la barque, ramant vers le mouillage et les lieux où les bancs de poissons prospéraient. Jean apprit à monter une ligne, à appâter, lancer, attendre, relever, avancer l’épuisette. En fin de compte, le brave pêcheur taciturne devint le compagnon de Jean, il s’appelait Jacques. Les jours passèrent, peut-être même les années, ils allaient, de port en port, vendre leurs poissons. Très vite ils se lièrent avec presque tous les patrons de chaluts. Un jour, l’un d’eux, leur proposa d’embarquer sur l’un de ces immenses bateaux en échange de quoi il faudrait participer aux manœuvres du navire et aider l’équipage.
Heureux, Jean et Jacques acceptèrent et se mirent au travail. Courageux travailleurs et ne craignant pas les ampoules, ils étaient à tous les postes, même mécaniques. C’est ainsi aussi qu’ils apprirent les noms de poissons, le tri par taille, le salage et surtout lews secrets de l’immense filet.
Jean se disait : «  moi qui rêvais de découvrir le monde, je n’aurai pas imaginé celui-ci »
Pour taciturnes et bourrus qu’étaient ces hommes solidaires, ils cachaient un cœur d’or. Et dans les coups durs, ils se serraient les coudes. Jean n’avait jamais connu cela, mais il n’était pas encore satisfait !
Son eldorado à lui, où était-il ?

Josy Gaudino le 08/06/2010

 

 

 

                                                        Zweg

 

Il est sept heures, le réveil de Zweg sonne. Sauf que sur la planète de Zweg, il n’y a pas de réveil ! Quel est donc ce bruit incongru qui a osé réveiller le seigneur de la bière? Plus connu sous le nom de Bièreman ! Heineken, Kronenbourg, blonde, brune, rousse, il les aime toutes. Son élixir, un peu comme la potion magique d’Asterix, la bière lui donne des pouvoirs. Pouvoirs qu’il ne voit apparaître qu’après la douzième bière du douzième pack de douze. Le douze, cela a toujours été son chiffre porte bonheur !
Zweg met un pied à terre, il ouvre sa première bouteille. Pas n’importe laquelle, une Hoogarden. Ce bruit de sonnerie toutefois l’intrigue, mais d’où cela pouvait bien venir ? Il ne le découvrira pas en étant un pauvre homme armé de sa seule intelligence. Pour le savoir, il lui fallait ses pouvoirs. Zweg enfile donc les bières. Une Hoogarden, une 2ème, une 3ème, il enchaîne avec des Heineken, puis des Stella, il finissait toujours pas une Zwegeur, une bière de son invention qu’il fabriquait dans ses toilettes. La 12ème bière du 12ème pack de 12. Les pouvoirs commençaient à venir. La vue qui se trouble, les bruits autour deviennent de sons et surtout (le pouvoir total) voir les gens en double. Pas tout le monde a ce pouvoir-là ! Pour Zweg, c’était une chance qu’il mesurait pleinement.
Il enfila son costume préféré, un pantalon marron et un t-shirt toujours à l’envers. Pas encore très à l’aise avec ses pouvoirs, il lui arrivait fréquemment de se cogner contre les murs, parfois même de tomber dans les escaliers. Mais une fois qu’il saurait les maîtriser, Zweg n’avait qu’une envie : voler. Il le pouvait, il le savait ! La bière lui donnait des ailes. Avant de réaliser son rêve, Zweg reprit sa quête du bruit incongru.
Il descendit les escaliers de son immeuble en chantant « la lutte finale », cela lui donnait toujours du courage. Les voisins, jaloux, lui criaient au passage « la ferme Zweg ». Personne ne comprenait Bièreman. Un jour, il leur montrerait à ces ingrats de quoi il était capable. Certains dans la ville l’avaient déjà vus à l’œuvre au volant de sa voiture. Après la 12ème bière du 12ème pack de 12, l’effet au volant était toujours des plus saisissants.
De temps en temps, d’autres supers héros venaient l’aider dans ses missions. C’étaient des héros d’une autre trempe. Ils avaient des costumes bleus assortis, tout un bataillon de véhicules et de motos, des lunettes de soleil et même des armes. Ce n’étaient pas des débutants eux !
Zweg avait encore beaucoup à apprendre pour arriver à leur niveau. Aussi, lorsqu’il en croisait un, systématiquement il s’en approchait pour lui demander conseil. La réponse était toujours la même. Le super héro en costume bleu l’invitait à le suivre dans sa voiture puis dans sa maison.
Cette fois, Zweg n’avait pas le temps de suivre son ami. Quoi que… s’il lui parlait de sa requête, peut-être qu’il pourrait l’aider.
-    Oui Zweg, dit le super héros en bleu. Ce que tu as entendu ce matin, c’est une sirène d’alarme. Toi, tu es dans une cellule de dégrisement, on va finir par te demander un loyer à force de te récupérer soul.
-    Soul ?! Vous plaizantez Mr le super héro ! On est ami…bon allez, je sors et je retourne à ma mission d’accord ?
-    Zweg ! 10 carambolages en une semaine, 15 chutes dans l’escalier, tapage diurne et nocturne, exhibitionnisme, plaintes des voisins, la liste est longue Zweg. Tu vas finir en prison pour un bon bout de temps. Tout le monde en a marre de toi.
Tous ? Non ! Loin, très loin de la cellule de Zweg, un PDG se frotte les mains, l’action Kronenbourg vient de prendre 40 points. Du jamais vu !

 

Louise Mille, le 09/07/2010

Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : lencrierindiscipline.over-blog.com
  • : Promenez-vous sur ce blog, déposez-y vos commentaires, vos textes, vos idées, vos souhaits... Et si l'envie de nous rejoindre vous prend, foncez!
  • Contact

Profil

  • lencrierindiscipline.over-blog.com
  • Association loi 1901 réunissant des passionnés d'écriture

Recherche